Fragments de réponses
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L’Urbex: l’exploration urbaine, son histoire, ses règles et sa mémoire fragile.
Les risques: quels sont les risques encourus de la pratique.
Mon Parcours: mon chemin personnel à travers dix années d’exploration.
La Photo: mon approche technique et créative de la photographie.
Qu’est-ce que l’urbex ?
L’urbex, ou exploration urbaine, consiste à visiter des lieux abandonnés ou inaccessibles au public, dans une démarche de découverte, de mémoire et souvent de photographie.
D’où vient le mot “urbex” ?
Le mot urbex est la contraction de l’expression anglaise urban exploration, qui signifie “exploration urbaine”.
D’où vient l’urbex ?
La pratique est apparue dans les années 1980, principalement aux États-Unis et au Royaume-Uni, avec des explorateurs attirés par les friches industrielles et les souterrains. Le terme « urban exploration » a ensuite été popularisé dans les années 1990-2000.
Quand parle-t-on pour la première fois d’urbex ?
Le mot « urban exploration » apparaît dans les années 1990. Il est popularisé par Jeff Chapman, alias Ninjalicious, un explorateur canadien qui publie en 2005 Access All Areas, un livre devenu culte dans la communauté.
Comment appelle-t-on les personnes qui pratiquent l’urbex ?
On les appelle couramment des urbexeurs ou explorateurs urbains. Le terme n’est pas officiel, mais il est largement utilisé dans la communauté. Certains préfèrent simplement se définir comme photographes ou passionnés de lieux abandonnés, pour mettre en avant la dimension artistique ou mémorielle de leur pratique.
L’urbex est-elle une pratique récente ?
Pas vraiment. Même si le terme est moderne, l’exploration de lieux interdits ou abandonnés existe depuis longtemps. Les catacombes de Paris, par exemple, attirent des explorateurs depuis le XIXᵉ siècle.
Qui pratique l’urbex ?
Des photographes, des amateurs d’histoire, des passionnés d’architecture, mais aussi des curieux en quête de sensations. L’urbex touche un public varié, de tous âges et horizons.
L’urbex est-elle toujours liée à la photographie ?
Pas forcément. Certains explorent juste par curiosité, d’autres documentent les lieux par écrit, en vidéo ou en dessin. Mais la photographie est le médium le plus répandu.
Quelles sont les différentes disciplines de l’urbex?
L’urbex regroupe une multitude de pratiques qui consistent à explorer des lieux abandonnés ou délaissés, chacun avec son propre univers et ses propres défis. Certains passionnés s’aventurent dans les profondeurs des catacombes et des tunnels, pratiquant la cataphilie, tandis que d’autres recherchent la hauteur et la vue spectaculaire en escaladant des toits, une discipline appelée toiturophilie ou roof topping. Les voies ferrées, gares et dépôts abandonnés attirent les amateurs de railway exploration, alors que les sites industriels désaffectés comme les usines et centrales fascinent ceux qui s’intéressent à l’exploration industrielle. On trouve également des explorateurs attirés par les bâtiments médicaux ou psychiatriques laissés à l’abandon, les châteaux et manoirs désertés, ainsi que les anciennes installations militaires, bunkers et casernes oubliées. Certains s’intéressent aux structures urbaines plus ordinaires comme les maisons, les écoles, théâtres ou hôtels abandonnés, tandis que d’autres se tournent vers les docks, entrepôts portuaires ou navires désaffectés pour leur côté maritime. Enfin, l’infiltration qui consiste à pénétrer sans autorisation dans des lieux en activité interdits au public ou hors horaires d’ouverture.
Quelle différence entre urbex et infiltration ?
L’urbex concerne plutôt les lieux abandonnés. L’infiltration consiste à entrer dans des sites encore en activité (tours, usines, tunnels, stations de métro désaffectées mais encore surveillée). C’est une pratique plus risquée et illégale.
Pourquoi explore-t-on des lieux abandonnés ?
Chacun a ses raisons : le goût de l’aventure, la curiosité, la photographie, l’histoire des lieux ou encore l’envie de témoigner du passage du temps.
Quels types de lieux sont explorés ?
Usines, hôpitaux, manoirs, écoles, châteaux, églises, hôtels, maisons, bases militaires… Tous les lieux délaissés peuvent devenir des terrains d’urbex.
Pourquoi parle-t-on d’exploration urbaine alors que certains lieux sont en dehors des villes ?
Le terme vient des origines de la discipline, qui se pratiquait surtout dans les environnements urbains. Avec le temps, l’urbex s’est élargie à toutes sortes de lieux abandonnés ou inaccessibles, qu’ils soient en ville, à la campagne ou en pleine nature. Le mot urbex est resté, car il est devenu un terme générique et international pour désigner l’exploration de lieux abandonnés ou inaccessibles, qu’ils soient urbains ou ruraux.
Quelles sont les règles de l’urbex?
En urbex, il n’y a pas vraiment de “loi écrite”, mais une série de règles tacites que la communauté respecte généralement. Elles servent à préserver les lieux, la pratique et la sécurité des explorateurs. Voici les principales :
Les règles fondamentales de l’urbex
Ne rien voler : on ne prend aucun objet, même abandonné.
Ne rien dégrader : pas de graffitis, pas de casse, pas de forçage.
Ne rien divulguer publiquement : éviter de donner l’adresse exacte des spots pour les protéger des dégradations et pillages.
Ne pas déranger : respecter les voisins, riverains et propriétaires si on en croise.
Respecter la sécurité : ne pas prendre de risques inutiles (planchers fragiles, toitures instables, produits toxiques, etc.).
Laisser le lieu tel qu’on l’a trouvé : seule trace de passage = ses photos.
Quelle est l’incidence des réseaux sociaux sur l’activité de l’urbex ?
Les réseaux sociaux ont profondément modifié l’urbex. D’un côté, ils permettent aux passionnés de partager leurs découvertes, conseils et photographies, favorisant l’échange et la transmission de connaissances. Mais ils ont aussi des effets négatifs : la diffusion massive des lieux peut attirer un public non préparé, provoquer des dégradations, et mettre certains sites en danger. Les explorateurs doivent donc rester responsables et conscients de l’impact de leurs publications.
Quels sont les risques des vidéos qui montrent trop de détails sur les lieux explorés ?
Les vidéos ou photos qui dévoilent des indices précis de localisation peuvent attirer des visiteurs non initiés ou mal intentionnés. Cela peut entraîner des dégradations, des vols ou même des problèmes légaux pour les explorateurs et les propriétaires des lieux. Pour protéger les sites et la communauté urbex, il est conseillé de flouter certains détails ou de rester vague sur la localisation exacte.
Quels sont les pays les plus connus pour l’urbex ?
Les États-Unis (grandes friches industrielles), la France (manoirs, châteaux, catacombes), l’Allemagne (usines, bunkers) et le Japon (haikyos). La Belgique aussi est très réputée pour ses nombreux lieux abandonnés.
Pourquoi les lieux sont-ils abandonnés ?
Les raisons varient : crise économique, désindustrialisation, accidents, catastrophes, guerres, ou simplement le passage du temps et le coût de l’entretien. Pour les maisons, une cause fréquente d’abandon est liée aux successions compliquées : il arrive que les héritiers ne parviennent pas à s’entendre, ou qu’ils ignorent même l’existence du bien. Faute d’entretien, la demeure reste figée et finit peu à peu par se dégrader.
Y a-t-il un code éthique dans l’urbex ?
Oui : ne rien dégrader, ne rien voler, ne rien divulguer publiquement qui mette le lieu en danger. Le respect est au cœur de la discipline.
Quelle est la différence entre un “spot” et un “lieu” ?
Dans le jargon urbex, un “spot” désigne simplement un lieu d’exploration. Certains parlent de “spot” pour garder l’anonymat, plutôt que de nommer précisément le site.
Est-ce que tous les lieux sont photographiables ?
Non, certains sont trop abîmés ou trop vides pour offrir un vrai intérêt visuel. L’œil du photographe joue beaucoup dans la mise en valeur.
Pourquoi l’urbex fascine autant ?
Parce que ces lieux racontent des histoires figées dans le temps. On y ressent une atmosphère unique, mélange de mystère, de mémoire et de beauté oubliée.
Existe-t-il une communauté d’urbexeurs ?
Oui, elle est très active, surtout sur internet et les réseaux sociaux. Certains partagent leurs découvertes, d’autres gardent leurs lieux secrets pour les protéger du vandalisme.
Certains urbexeurs rangent-ils les lieux qu’ils explorent ?
Oui, certains explorateurs prennent le temps de remettre un peu d’ordre lors de leur passage, par exemple en rangeant des objets déplacés ou en nettoyant des déchets.
Quel est le but du rangement?
Certains urbexeurs rangent légèrement les lieux pour améliorer la composition et la qualité de leurs photos. L’objectif n’est pas de modifier l’histoire du lieu, mais de sublimer les détails et de capturer des images esthétiques tout en respectant l’environnement.
Existe-t-il des mises en scène en urbex ?
Oui, certains explorateurs réalisent de petites mises en scène pour la photographie, comme déplacer un objet ou organiser un décor pour renforcer l’esthétique ou l’ambiance. Cependant, ces pratiques doivent rester respectueuses du lieu et ne jamais endommager les structures ou dénaturer l’histoire du site.
Le fait de ranger un lieu dénature-t-il la pratique de l’urbex ?
Pas nécessairement. Ranger ou remettre un peu d’ordre peut même être considéré comme un geste responsable, permettant de préserver le lieu pour les explorateurs suivants. L’urbex reste avant tout une découverte et une photographie de sites abandonnés, et ces gestes de respect n’enlèvent rien à l’aventure ni à l’expérience esthétique.
Quelles sont les règles de discrétion pour ne pas se faire repérer lors d’une exploration urbex ?
Pour rester discret, évitez de forcer les accès ou de briser des fenêtres, et limitez le bruit tout en restant vigilant aux alentours. Privilégiez les petits groupes de deux à quatre personnes et garez-vous à une distance raisonnable du lieu. Ne partagez jamais la localisation exacte sur les réseaux sociaux, portez des vêtements discrets et ne laissez aucune trace de votre passage. La discrétion protège à la fois le site et votre sécurité.
Qui peut vous voir dans un lieu abandonné ?
Même dans un bâtiment déserté, vous pouvez être observé par différentes personnes : voisins, passants, autres explorateurs, agents de sécurité ou propriétaires du lieu. Certaines zones peuvent aussi être surveillées par des caméras. Il est donc important de rester discret et conscient que l’urbex n’est jamais totalement isolé.
Que deviennent les lieux abandonnés avec le temps ?
La plupart des lieux finissent par disparaître. Certains sont rénovés, transformés ou détruits pour laisser place à de nouveaux projets. D’autres s’effondrent lentement, repris par la nature. Tout dépend du propriétaire, de la valeur du bâtiment et de l’intérêt patrimonial qu’il représente.
Il n’y pas de poussière, ce n’est pas abandonné !
C’est une remarque qu’on entend souvent, et elle traduit une idée assez répandue : dans l’imaginaire collectif, un lieu abandonné doit forcément être envahi par la poussière, les toiles d’araignée et les débris. Pourtant, en urbex, c’est loin d’être toujours le cas. Certains endroits, même laissés à l’abandon depuis des années, restent étonnamment propres. Parfois parce qu’ils sont bien isolés de l’extérieur, sans accès aux intempéries ni aux animaux. D’autres ont simplement été figés dans le temps, sans activité humaine mais aussi sans réelle dégradation naturelle. À l’inverse, certains lieux plus récents peuvent déjà être envahis de moisissures, d’humidité ou de déchets laissés par des visiteurs.
La poussière se forme surtout à partir de particules issues de la vie quotidienne : fibres de vêtements, peaux mortes, cheveux, cendres de cuisson, particules de combustion (chauffage, bougies, fumée…), etc. Dans un lieu abandonné, ces sources disparaissent. Plus personne ne bouge, ne chauffe, ne cuisine, ne fume, ne marche. Résultat : beaucoup moins de particules en suspension. Sans mouvement d’air important (portes, fenêtres, ventilation), la poussière retombe et se stabilise. Les surfaces finissent même par sembler « propres », simplement parce que rien ne vient les troubler.
Il peut bien sûr rester un peu de poussière d’origine minérale (plâtre, béton, bois, terre, etc.), surtout si le bâtiment se dégrade, mais ce n’est pas le même type de dépôt qu’on retrouve dans une maison habitée.
Il y a des fleurs sur les photos!
Il arrive parfois, en entrant dans une maison abandonnée, de tomber sur un bouquet encore posé sur une table.
À première vue, on se dit que quelqu’un est passé récemment… jusqu’à ce qu’on réalise que les fleurs sont en plastique, ou en soie.
Ces détails trompeurs donnent parfois l’illusion d’une présence, d’une vie encore là.
Mais en réalité, ce ne sont que des souvenirs figés, résistants au temps — comme si eux aussi refusaient d’abandonner les lieux.
À partir de quand peut-on dire qu’un lieu est abandonné ? Est-il forcément abandonné s’il est inoccupé ?
Un lieu inoccupé n’est pas forcément abandonné. L’abandon commence vraiment quand un bâtiment n’est plus entretenu, que personne n’y passe régulièrement et que les signes de dégradation apparaissent : infiltrations, végétation envahissante, objets laissés sur place, fenêtres cassées…
Un bâtiment simplement vide, en attente de vente, de rénovation ou de démolition, reste la propriété de quelqu’un — il n’est donc pas considéré comme abandonné au sens de l’urbex. L’abandon, c’est quand le temps a pris possession des lieux.
Les lieux abandonnés, c’est triste ?
Pas forcément. Derrière la tristesse apparente, il y a surtout une forme de beauté silencieuse. Ces lieux racontent une histoire, celle du temps qui passe, des vies qui s’y sont croisées, et de ce qu’il en reste. L’abandon, c’est aussi une autre façon de voir la vie : tout finit par changer, se transformer, disparaître. C’est ce que j’essaie de montrer à travers mes photos. Là où certains voient la fin, moi je vois une forme de poésie — celle du silence, du passage du temps et des choses oubliées.
Peut-on vivre de l’urbex ?
Rares sont ceux qui en vivent directement. Certains publient des livres, exposent leurs photos ou vendent des tirages. Mais pour la majorité, c’est une passion plus qu’un métier.
Quel est l’avenir de l’urbex ?
Avec les réseaux sociaux, la discipline gagne en visibilité mais aussi en fragilité : plus un lieu est connu, plus il risque d’être vandalisé ou fermé. Le défi est donc de continuer à explorer tout en protégeant la mémoire des lieux.
Est-ce dangereux ?
Oui, l’urbex est une pratique dangereuse et qui n’est pas sans risque. Je n’encourage en aucun cas la pratique.
Peut-on pratiquer l’urbex seul ?
Oui, mais ce n’est pas recommandé. Pour la sécurité, mieux vaut explorer à deux ou trois : si un accident survient, quelqu’un peut prévenir les secours.
Quels sont les principaux risques pour la santé lors d’une exploration urbex ?
Les lieux abandonnés peuvent être insalubres : moisissures, poussières, fibres d’amiante, mérule ou produits chimiques. Des coupures, chutes ou intoxications peuvent survenir. Il est conseillé de porter des protections adaptées (gants, masque, chaussures solides) et de rester vigilant à tout moment.
Quels dangers physiques peuvent survenir en urbex ?
Les bâtiments abandonnés sont souvent fragiles : planchers qui cèdent, escaliers dangereux, vitrages brisés ou objets tranchants. Les risques de chute ou de blessure sont élevés, d’où l’importance de rester attentif et de ne pas explorer seul.
Quels dangers peuvent provenir d’autres personnes sur place ?
Les lieux abandonnés peuvent accueillir squatteurs, toxicomane, voleurs de métaux ou autres explorateurs. Des vols ou agressions sont possibles, il est donc important d’être vigilant et de rester discret.
Quels sont les risques liés aux animaux ou insectes dans les lieux abandonnés ?
Les bâtiments désertés peuvent abriter des chiens errants, rats, chauves-souris, guêpes ou abeilles, qui peuvent mordre ou piquer. Il est conseillé de rester vigilant et d’éviter de manipuler les animaux.
Quels risques environnementaux extrêmes existent ?
Les bâtiments abandonnés peuvent être très froids, humides ou chauds, provoquant hypothermie, déshydratation ou épuisement. L’exposition prolongée à des poussières toxiques ou produits chimiques peut également être dangereuse. Il est essentiel d’emporter avec soi de quoi s’hydrater.
Quels sont les risques liés à la coupure de réseaux lors d’une exploration urbex ?
Dans certains bâtiments ou zones souterraines, le signal téléphonique ou GPS peut être très faible ou inexistant. Cela complique les communications et rend difficile l’orientation ou l’appel à l’aide en cas de problème. Il est donc recommandé de toujours informer quelqu’un de votre parcours et de prévoir des repères ou un plan pour vous orienter.
Quels sont les risques pour le matériel photographique en urbex ?
Les lieux abandonnés présentent de nombreux dangers pour le matériel : poussière, humidité, chutes, objets tranchants ou sols instables peuvent endommager appareils, objectifs ou trépieds. Il est recommandé d’utiliser des protections adaptées (sac étanche, housses, chiffons) et de rester vigilant pour éviter les accidents. Je conseille de ne pas utiliser du matériel trop couteux.
Quels dangers existent liés à la fatigue ou à la désorientation ?
Marcher longtemps, porter du matériel lourd ou rester concentré dans des conditions difficiles peut provoquer fatigue, stress ou accident. Les grands bâtiments ou tunnels peuvent facilement désorienter même les explorateurs expérimentés.
Peut-on se perdre en explorant des lieux abandonnés ?
Oui, se perdre est un risque réel, surtout dans les grands bâtiments, tunnels ou complexes souterrains. L’absence de repères, le manque de lumière et la complexité des lieux peuvent désorienter même les explorateurs expérimentés. Pour limiter ce risque, il est conseillé de toujours préparer un itinéraire, de rester en groupe et d’informer quelqu’un de votre parcours.
Pourquoi l’exploration de nuit est-elle risquée ?
La faible visibilité augmente les risques de chute, de désorientation et de rencontres inattendues. Il est préférable de privilégier la lumière naturelle et de rester vigilant.
Quels sont les risques liés à la météo ?
Pluie, neige ou verglas peuvent rendre les sols glissants et les structures instables. Une mauvaise météo augmente considérablement le risque d’accident.
L’urbex est-il légal ?
L’urbex se situe dans une zone grise. Un article de la RTBF mentionne ceci: « Le Code pénal réprime la violation de domicile, c’est-à-dire l’endroit où une personne détient son intimité, ses effets personnels, sa vie « qui doit rester secrète ». Cependant, cette notion disparaît une fois le lieu abandonné. Si un urbexeur entre sans dégrader ni détruire une clôture et qu’aucune pancarte n’indique qu’il s’agit d’une propriété privée, tout semble indiquer qu’il n’est pas en tort et donc, aucune poursuite pénale ne peut avoir lieu.De plus, un explorateur qui respecte son art ne touche à rien, et ne réalise aucun graffiti, ne s’autorise aucune dégradation immobilière, ni de vol. Il ne commet donc aucune infraction pénale. »(source: Rtbf)
Un urbexeur a-t-il le droit de forcer l’accès à un lieu abandonné ?
Non. Forcer l’accès à un lieu constitue une infraction pénale (effraction, violation de propriété privée ou publique). Même si un bâtiment semble abandonné, il reste la propriété de quelqu’un et l’urbexeur doit respecter la loi. Le code de l’urbex interdit de forcer l’accès.
Quels sont les risques judiciaires de l’urbex en Belgique ?
En pratique, la plupart du temps, lorsqu’un urbexeur est surpris, cela se traduit par un simple avertissement ou une expulsion du site, tant qu’il n’y a ni dégradation ni vol.
La loi belge fait-elle mention de l’urbex ?
Non, la loi belge ne mentionne pas spécifiquement l’urbex. Cependant, ses pratiques peuvent tomber sous le coup d’infractions existantes comme l’intrusion dans un lieu privé, l’effraction, le vol ou la dégradation de biens. L’urbexeur doit donc se conformer aux lois générales sur la propriété et la sécurité.
La police a-t-elle le droit de confisquer votre matériel photo lors d’une exploration urbex ?
En général, la police ne peut pas confisquer votre matériel simplement pour avoir pris des photos, sauf si vous êtes en train de commettre une infraction (effraction, violation de propriété privée, mise en danger, etc.). En cas de contrôle, il est important de rester calme, de coopérer et de justifier votre présence de manière honnête.
La police peut-elle vous demander de supprimer vos photos prises lors d’une exploration urbex ?
Non, en principe, la police ne peut pas obliger un photographe à supprimer ses images, sauf dans des cas très précis liés à une enquête judiciaire ou à des contenus illégaux. Si vos photos ont été prises légalement et ne mettent pas en danger autrui, elles restent votre propriété.
Quels sont les risques si l’on est surpris en train de casser ou de voler lors d’une exploration urbex ?
Le code de l’urbex interdit strictement le vol et la casse. Si vous êtes surpris en train de dégrader un lieu ou de voler des objets, vous vous exposez à des poursuites pénales. En Belgique et en France, cela peut entraîner des amendes importantes, des peines de prison et des casiers judiciaires. Ces actes sont considérés comme des infractions graves et ne font plus partie de la pratique responsable de l’urbex.
Quels sont les risques liés à l’exploration en groupe ou avec des enfants ?
Les risques augmentent avec le nombre de personnes : chutes, effondrements ou blessures sont plus probables. L’urbex est déconseillé aux très jeunes enfants et aux groupes non expérimentés.
Y a-t-il des risques psychologiques en urbex ?
Oui. L’exploration de lieux sombres ou confinés peut provoquer peur, stress ou panique. Les grands bâtiments ou tunnels peuvent également désorienter, rendant la sortie difficile.
L’assurance couvre-t-elle les accidents en urbex ?
La plupart des assurances ne couvrent pas les accidents sur des lieux interdits au public. Explorer sans autorisation vous expose donc à des frais médicaux ou légaux à votre charge.
Est-ce que certains lieux sont plus dangereux que d’autres ?
Oui : les usines chimiques, les hôpitaux, les mines, les catacombes ou les chantiers inachevés présentent des risques bien plus élevés (polluants, gaz, éboulements…).
Quels signes doivent alerter avant d’entrer dans un bâtiment ?
Odeurs fortes (chimique, gaz, moisissures), sols gondolés, fissures importantes, bruits de craquement : ce sont des signaux de danger. Dans ce cas, mieux vaut ne pas entrer.
Les réseaux sociaux augmentent-ils les risques ?
Oui, partager la localisation exacte des lieux peut attirer des visiteurs non préparés, provoquer des dégradations et mettre les explorateurs et les sites en danger. Il est fortement conseillé de rester vague sur les localisations.
Que faire en cas d’accident en urbex ?
Appeler immédiatement les secours si possible. Si vous êtes accompagné, rester calme, sécuriser la zone et prévenir rapidement de l’aide extérieure.
Quand et comment as-tu découvert l’exploration urbaine ?
J’ai découvert l’exploration urbaine en 2015 grâce à un ami, Jean-Pol Constant. La première fois qu’il a prononcé le mot « urbex », je n’ai même pas compris ce que c’était. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’ignorais complètement l’existence de ce monde caché.
Depuis combien de temps pratiques-tu l’urbex?
Voilà maintenant dix ans que je parcours ce monde en friche sans jamais ressentir la moindre lassitude. Durant toutes ces années, j’ai exploré des centaines de lieux, allant d’un hôpital à un cimetière de bateaux, en passant par une usine à bougies ou encore une ancienne brasserie. Cette diversité rend chaque expérience unique. Chaque exploration est une aventure riche en découvertes, où je m’émerveille toujours autant, l’œil et l’objectif grand ouverts.
Quel a été ton premier spot d’urbex ?
Je me suis rendu, déjà seul à l’époque et un peu à l’aveugle, au charbonnage Forte Taille à Charleroi, sur les conseils d’un ami. Je me souviens avoir été surpris de découvrir un piano abandonné dans une pièce et une grue en plein cœur du site. Je n’ai pas tardé à refaire une seconde expérience en me rendant cette fois au charbonnage du Gouffre.
Te considères-tu comme un « urbexeur » ?
Non. Je me vois plutôt comme un « voleur d’images », quelqu’un qui capture des fragments du passé. Mon objectif n’est pas l’adrénaline ni la conquête de lieux interdits, mais la mémoire et l’esthétique. Je n’ai pas vraiment de contact avec la communauté de l’urbex ; je fais mon chemin en solitaire, sans rien devoir à personne.
Pourquoi explorer seul ?
Pratiquer seul me permet plus de liberté et réduit le risque d’être repéré. Je pars quand je veux, je reste le temps que je veux et je repars à mon rythme. Étant un solitaire, me retrouver seul dans un lieu abandonné, loin de l’agitation, est un vrai privilège.
Le recommandes-tu ?
Même si je pratique seul, je ne le conseille à personne. Les lieux abandonnés sont souvent dangereux, parfois de manière insoupçonnée. J’explore essentiellement des maisons, ce qui réduit les risques par rapport aux usines ou bâtiments labyrinthiques. Mais même une maison apparemment solide peut cacher un plancher instable. Le risque zéro n’existe pas, c’est pourquoi je reste toujours prudent et respecte chaque lieu.
Prépares-tu tes explorations ?
En réalité, je prépare très peu mes sorties. Une fois un lieu repéré, ma seule vraie étape en amont consiste à jeter un œil sur Google Earth pour repérer les accès possibles. Mais bien souvent, c’est seulement sur place que je découvre le meilleur passage pour entrer. J’anticipe aussi où me garer, en privilégiant des endroits discrets afin de ne pas attirer l’attention. Il m’arrive régulièrement de laisser la voiture assez loin du lieu pour éviter d’éveiller la curiosité du voisinage.
Pourquoi avoir choisi le pseudo « urbex world »?
Je ne voulais pas utiliser mon vrai nom pour partager mes photos. Je cherchais un pseudo en anglais incluant le mot « urbex » et je me suis dit : pourquoi pas « Urbex World » ? L’idée était de voir grand, même si, en réalité, il s’agit plutôt de mon petit univers de l’urbex, puisque à ce jour mes explorations s’arrêtent à la Belgique et aux pays voisins.
Combien de temps restes-tu sur un lieu ?
Dans une maison meublée, je peux rester quatre à cinq heures. Pour une grande industrie, cela peut durer une journée entière.
Combien de spots fais-tu par jour ?
Je ne cherche pas à accumuler les lieux. Quand je visite un spot en profondeur sur une journée, je suis déjà satisfait. Si je quitte un endroit avec le sentiment d’avoir capturé toutes les images que je voulais, je suis pleinement satisfait. Pour moi, la qualité prime toujours sur la quantité.
Combien de lieux as-tu visités ?
Plus de 470 en dix ans. Ce n’est pas énorme comparé à d’autres, mais c’est suffisant pour moi.
Qu’est-ce qui t’attire le plus : les grands sites industriels ou les maisons abandonnées ?
Je préfère le résidentiel. J’aime l’intimité des maisons, les objets laissés derrière, les traces du quotidien. Dans une maison, on peut presque sentir la vie qui s’est arrêtée.
Quelles règles t’imposes-tu en exploration ?
Je ne force jamais l’accès, je ne casse rien et je ne vole rien. Mon seul objectif est de photographier et de capturer l’essence du lieu sans l’altérer.
Comment fais-tu pour entrer dans les lieux ?
Jamais en forçant. Si c’est muré ou scellé, je n’insiste pas. Je cherche un accès déjà existant (fenêtre ouverte, porte entrouverte, passage discret).
Es-tu stressé quand tu pars en exploration ?
Oui, toujours. Le stress monte au fur et à mesure que je m’approche du lieu. Même en sachant que le risque est faible, il y a toujours une petite tension les premières minutes. Je me détends seulement lorsque je suis sûr de ne pas avoir été repéré. Une fois à l’intérieur, je me concentre entièrement sur mes photos, tout en restant attentif au moindre bruit. Ce n’est qu’une fois le lieu quitté que la pression descend réellement.
Ressens-tu de la tristesse dans un lieu abandonné ?
Non, pas du tout. Plutôt de l’excitation, du stress, de l’émerveillement… Chaque exploration est un moment d’adrénaline, de curiosité et de découverte. Je ne vois pas ces lieux comme des endroits tristes, mais comme des témoins silencieux du temps. Il y a toujours quelque chose à observer, à comprendre, à photographier. L’émotion vient davantage de la beauté du lieu et de ce qu’il raconte, que de la mélancolie qu’il dégage. Je me dis souvent « Waw! c’est beau! ».
As-tu déjà eu un accident sur un spot?
Une fois, ma jambe a traversé un plancher pourri et une autre fois ma tête a violemment heurté un bloc de béton, ce qui m’a valu quelques minutes à voir des étoiles. À part ces incidents, rien de vraiment grave à ce jour.
Est-ce que tu prends des souvenirs des lieux ?
Non. L’une des règles de base de l’urbex, c’est “ne rien emporter, ne rien laisser”. Le seul souvenir que je garde, ce sont mes photos.
Quelle est la plus grande difficulté en urbex ?
Trouver un bon spot encore préservé et accessible. L’exploration elle-même n’est souvent que la partie visible d’un long travail de recherche.
Est-ce que tu explores aussi les toits et tunnels ?
Non, mais ce sont des disciplines à part : le rooftopping (toits) et le draining (égouts/tunnels). Je reste surtout concentré sur les lieux abandonnés.
Prends-tu des risques pour une photo ?
Non. Aucune image ne mérite de mettre ma vie en danger. Je reste toujours prudent et je m’impose des limites claires : si un plancher paraît instable, si une structure semble fragile ou si l’accès est trop risqué, je renonce. L’urbex, pour moi, doit rester une démarche de mémoire et de respect, pas une prise de risques inconsidérée.
Pourquoi continuer malgré les risques ?
Parce que chaque exploration est une aventure unique. L’urbex mélange l’adrénaline, la curiosité, l’histoire et l’art. C’est ce qui la rend si addictive.
Fais-tu des recherches sur les lieux que tu visites?
Non. Certains le font, mais moi je consacre déjà tout mon temps à la photographie. Me renseigner sur le passé du lieu prendrait trop de temps et ne correspond pas à ma pratique.
Est-ce que tu fais parfois des repérages avant d’entrer ?
Oui. J’aime observer l’extérieur, les alentours, les voisins, les passages possibles, avant de me lancer.
As-tu déjà eu affaire à la police pendant une exploration urbex ?
Oui, à plusieurs reprises. Les agents demandent généralement de quitter les lieux et procèdent à une vérification d’identité. Il est conseillé d’avoir toujours sa carte d’identité sur soi en cas de contrôle et de faire profil bas. Si votre casier judiciaire est vierge, les agents vous laisseront repartir sans problème.
As-tu déjà rencontré d’autres représentants de l’ordre en exploration ?
Oui, une fois avec l’armée. En Belgique, je visitais un château sans savoir qu’il appartenait à l’armée. J’ai entendu des voix dans l’escalier et je suis tombé nez à nez avec deux militaires armés. Ils m’ont simplement demandé de quitter les lieux, sans autre conséquence.
As-tu déjà eu affaire à des propriétaires lors de tes explorations ?
Oui, mais très rarement. On rencontre plus souvent des voisins curieux que les propriétaires eux-mêmes. La plupart du temps, en faisant profil bas et en expliquant sa démarche, les propriétaires se montrent compréhensifs : au mieux, ils vous laissent prendre vos photos, au pire, ils vous demandent de partir. Dans certains cas, ils font appel à la police, mais celle-ci se contente généralement de sermonner devant le propriétaire sans autre conséquence.
Que conseilles-tu si tu te fais surprendre pendant une exploration ?
Si quelqu’un vient à votre rencontre, restez calme et ne fuyez pas. Évitez toute attitude agressive ou insultante : vous savez que vous êtes en tort. Allez vers la personne, présentez-vous, expliquez que vous êtes là pour faire des photos et montrez votre matériel. Si la personne n’est pas un autre explorateur, adoptez un profil bas et précisez que vous pratiquez l’urbex dans le respect du lieu. Montrez ses photos permet aux gens de mieux comprendre votre démarche. Enfin, présentez-vous comme « photographe » et non comme un urbexeur çà passe toujours mieux.
Quelle est ta position sur l’échange de localisations ?
Je suis assez réservé sur cette pratique, surtout à grande échelle. Je comprends qu’on puisse avoir un petit cercle de confiance pour partager quelques adresses, mais je n’approuve pas les échanges massifs dans de grands groupes Messenger ou WhatsApp, et encore moins la diffusion publique ou la vente de localisations. Pour ma part, je n’ai qu’un contact de confiance avec qui l’échange est équilibré : si je demande une adresse, je propose toujours quelque chose en retour.
À quoi fais-tu attention quand tu publies sur les réseaux ?
Je veille avant tout à ne jamais révéler d’indices permettant d’identifier un lieu : une adresse visible, un nom sur une enveloppe ou un document laissé sur place, un panneau trop précis, une plaque d’immatriculation… tout cela est systématiquement évité ou masqué.
Certains éléments architecturaux ou objets typiques peuvent aussi donner une piste aux connaisseurs, et je reste donc vigilant. Cela peut être, par exemple, un vitrail unique, une fresque caractéristique, une enseigne avec un graphisme reconnaissable, un poêle ancien typique d’une région, ou même un mobilier d’époque spécifique à un établissement (comme des bancs d’école ou du matériel hospitalier particulier). En résumé, je cherche à partager l’atmosphère et l’esthétique des lieux sans jamais les rendre identifiables.
Partages-tu des photos des façades extérieures des lieux ?
Je publie très rarement des photos de façades. En les montrant, il devient bien plus facile d’identifier un lieu. Les rares exceptions concernent des bâtiments que je sais impossibles à reconnaître. En dix ans, je pourrais compter mes publications de façades sur les doigts d’une main. Cela dit, je reconnais que les façades partagées par certains « collègues » m’ont parfois aidé à retrouver un endroit.
C’est quoi le casque que tu portes parfois sur certaines photos ?
C’est un casque de Stormtrooper. Dans l’univers de Star Wars, les Stormtroopers sont les soldats de l’Empire galactique, puis plus tard du Premier Ordre. J’aime mêler l’univers des lieux abandonnés avec des références à la pop culture. Cela crée un décalage, une seconde lecture de mes photos entre mémoire, imaginaire et fiction. Le seul inconvénient de ce casque, c’est son transport.
Pourquoi ce casque ?
Avant tout, il me permet de me distinguer des autres explorateurs et de rester facilement identifiable. Mais c’est aussi une manière d’introduire une présence humaine dans des lieux vides et oubliés, avec une petite touche d’humour en prime.
Surtout, ce casque me donne l’occasion de m’amuser : sur place, en imaginant des mises en scène, et ensuite, lors du post-traitement, en réalisant des montages photo où je me multiplie souvent dans l’image. Enfin, je me permets des libertés artistiques au niveau photographie que je ne m’autorise pas en photo classique.
Quand tu réalises un montage photo avec ton casque, tu le planifies à l’avance ?
Oui, assez souvent. Je regarde d’abord les photos prises par d’autres explorateurs pour m’inspirer et me projeter dans une scène. Quand j’arrive sur place, j’ai déjà une idée en tête. Mais parfois, elle n’est pas totalement réalisable, ou au contraire, d’autres idées me viennent sur le moment. J’adore imaginer des scènes et laisser place à la créativité sur place.
Es-tu satisfait de ton travail ?
Je reste un éternel insatisfait. Je n’ai pas le sentiment d’être pleinement satisfait de mes photos, car j’ai tendance à remarquer davantage leurs défauts que leurs qualités. Avant d’oser exposer mes images en solo, il m’a fallu un long processus d’acceptation. Même aujourd’hui, j’ai encore l’impression que mon travail n’est pas tout à fait à la hauteur de mes attentes.
Penses-tu arrêter ?
Non. Pour moi, cette activité fait déjà partie de mon avenir, même à la retraite.
Que souhaites-tu que le visiteur retienne de ton travail ?
Que mes images sont des fragments du passé, des moments figés dans le temps, capturés avec respect et passion. Mon but est de transmettre une émotion, de faire ressentir l’histoire silencieuse des lieux.
Quel matériel photographique utilises-tu ?
J’ai débuté avec un Reflex Nikon D5500 et j’utilise depuis quelques années un Nikon D7200 avec deux objectifs : un grand angle Tamron 10-24 pour les plans larges et un 18-70 pour les détails.
Pourquoi n’emportes-tu pas plus de matériel en exploration ?
Principalement pour éviter de transporter un sac trop lourd et aussi par crainte d’endommager du matériel plus coûteux. La perte est aussi une éventualité à ne pas négliger.
As-tu déjà abîmé du matériel ?
Oui, dès le premier jour d’utilisation d’un nouvel objectif grand angle. Il m’a échappé des mains et est tombé au sol. Résultat : dès la première séance, mes photos présentaient un flou permanent sur le côté gauche à cause de cette chute.
Comment travailles-tu en photographie ?
Je travaille toujours avec un trépied, en mode manuel à 100%, et je n’utilise jamais le flash, même dans l’obscurité la plus totale.
Pourquoi tu n’utilises pas un flash en urbex ?
J’essaie de garder l’ambiance naturelle du lieu. Le flash écrase souvent l’atmosphère et rend les images artificielles. Je préfère jouer avec la lumière ambiante, les ombres et les contrastes. Lorsqu’il fait fort sombre j’augmente mon temps de pause.
Comment fais-tu dans le noir ?
Il m’arrive de tomber dans des pièces totalement plongées dans l’obscurité. Dans ce cas, j’utilise une petite lampe de poche pour éclairer brièvement un élément et faire la mise au point. Ensuite, je règle mon boîtier sur une pose longue — souvent 30 secondes, voire en mode bulb pour garder le contrôle du temps d’exposition.
Pourquoi travailler en RAW ?
Parce que le RAW garde toutes les informations de l’image, ce qui permet une grande souplesse au développement. Dans des conditions de lumière difficiles, c’est un avantage énorme.
Utilises-tu le smartphone ?
Oui, depuis un an. Je prends quelques photos avec mon iPhone, mais je sais qu’elles restent surtout destinées à l’écran et n’ont pas la qualité suffisante pour des impressions ou une exposition.
Comment développes-tu tes photos ?
J’utilise principalement Adobe Lightroom pour trier, organiser et développer mes images. Lorsque le travail demande plus de précision, comme la fusion de plusieurs expositions ou la réalisation de photomontages, je passe alors sur Photoshop.
Pourquoi utilises-tu principalement Lightroom ?
Parce qu’il est très pratique pour gérer des milliers de photos et travailler rapidement sur la lumière, les contrastes et les couleurs. C’est un outil pensé pour les photographes.
As-tu un style particulier dans ton traitement ?
Oui : je cherche à garder une ambiance lumineuse, chaude et colorée, voir saturée, même dans les lieux sombres. Beaucoup d’urbexeurs font des photos très dramatiques et sombres ; moi je préfère montrer qu’il y a encore de la vie et de la beauté dans ces ruines.
Pourquoi associer l’urbex à des photomontages (Stormtrooper, pop culture, etc.) ?
Parce que je suis aussi un peu geek. J’aime mélanger la réalité des lieux abandonnés avec des univers imaginaires. Cela crée une lecture différente de mes images.
Es-tu satisfait de ton travail ?
Je reste un éternel insatisfait. Je n’ai pas le sentiment d’être pleinement satisfait de mes photos, car j’ai tendance à remarquer davantage leurs défauts que leurs qualités. Avant d’oser exposer mes images en solo, il m’a fallu un long processus d’acceptation. Même aujourd’hui, j’ai encore l’impression que mon travail n’est pas tout à fait à la hauteur de mes attentes.