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Église Svastika

L’édifice se dresse encore fièrement, même vidé de son âme. Derrière ses murs de briques, on devine ce qu’il fut : une église néo-gothique à la fois sobre et imposante, dominée par une tour massive et des voûtes en bois finement travaillées.

À l’intérieur, tout résonne. Le mobilier a disparu, ne restent que les murs nus, les traces des anciennes statues et, au sol, d’étranges croix svastika décoratives — vestiges d’un symbolisme ancien, bien antérieur à la Seconde Guerre mondiale. Elles intriguent, surprennent, et rappellent que l’histoire d’un lieu dépasse parfois les époques et les interprétations.

Aujourd’hui, le silence a remplacé les chants et les messes. L’église, vidée de toute activité, attend un nouvel avenir. Mise en vente avec les bâtiments voisins, elle flotte entre deux mondes : celui du passé qu’elle incarne encore, et celui, incertain, qui l’attend.

Des croix de svastika ?

Beaucoup s’étonnent en découvrant ces croix au sol, moi le premier. Pourtant, ces croix ne sont ni un hommage, ni un signe politique:  il s’agit de svastikas décoratives, un symbole ancien bien plus vieux que le XXᵉ siècle. Utilisé autrefois dans l’art chrétien comme signe solaire et spirituel, il représentait la vie, la lumière et l’éternité. Ces motifs, ajoutés bien avant la guerre, rappellent simplement que les symboles changent de sens avec le temps.

Dans le cas de cette église, les svastikas sont donc purement décoratives et symboliques, probablement ajoutées pour leur valeur esthétique et spirituelle, bien avant que le symbole ne soit détourné par le régime na*i.

Religieux

07.2024

Belgique

Carnet d’exploration

J’ai exploré cette église un dimanche matin — chose assez rare pour moi. Après avoir fait le tour du bâtiment à la recherche d’une entrée, je me rends compte que la porte principale est simplement… ouverte. J’entre, seul, et commence tranquillement ma séance photo.

Quelques minutes plus tard, j’entends du bruit. Une personne entre. Puis deux. Puis un couple avec un chien. Ensuite, une famille avec des enfants. Et le clou du spectacle : un groupe d’Allemands, une quinzaine, débarque d’un coup à l’intérieur de l’église.

Très vite, je comprends que personne ne fait attention à moi. Certains se placent même devant mon objectif comme si de rien n’était. Alors, avec un brin d’humour, je prends une chaise et m’installe à l’entrée, saluant les visiteurs comme un portier improvisé. Je leur dis même de ne pas oublier le service.

Ce n’est qu’une fois le calme revenu que j’ai pu reprendre mes photos. Ce jour-là, il y avait plus de monde dans cette église abandonnée que dans certains sites touristiques. Et c’est exactement ce que je déteste dans l’urbex : quand le silence et la solitude laissent place à la foule.