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Ferme au cheval blanc

Il s’agit d’une ancienne ferme de caractère, isolée à la campagne et datant en partie du XVIIIᵉ siècle. Elle se distingue par son porche-colombier et sa cour pavée, entourée de bâtiments blanchis typiques de l’architecture rurale d’époque. 

Ferme

03.2022

Belgique

Carnet d’exploration

En exploration urbaine, parfois tout se déroule sans accroc et parfois pas… C’est en avril 2022 que j’ai connu une petite frayeur en explorant la « Ferme au cheval blanc ». La ferme étant assez isolée au cœur de la campagne belge, et ne voulant pas attirer l’attention en me garant trop près, je laisse ma voiture à une vingtaine de minutes de marche du site.

À mon arrivée, je suis instantanément subjugué. Chaque pièce est une plongée dans le passé, une découverte visuelle qui me régale à chaque déclenchement de l’obturateur. Je passe ainsi près de cinq heures, seul, à explorer et photographier chaque recoin, m’imprégnant de l’atmosphère unique du lieu.

Je termine mon exploration par une vaste et magnifique pièce baignée de lumière : un somptueux jardin d’hiver. Mais alors que je m’apprête à ranger tranquillement mon matériel, j’entends soudain des bruits de pas dans le couloir. L’instant d’après, deux policiers surgissent, armes au poing et lampes torches braquées sur moi… juste derrière eux, le propriétaire, visiblement furieux.

Pris de court, j’essaie de garder mon calme et d’expliquer que je ne suis ni un voleur ni un délinquant : je suis simplement là pour faire des photos, rien de plus. Les policiers baissent rapidement leurs armes, la tension redescend un peu. Le propriétaire, en revanche, reste hors de lui. Il parle de porter plainte — et honnêtement, je ne peux pas lui en vouloir. Je me confonds alors en excuses, pleinement conscient que j’ai enfreint une limite.

Il m’explique qu’il m’a repéré via une caméra placée dans le jardin d’hiver, après avoir déjà été victime d’intrusions par le passé. Pas de chance : j’ai terminé par la seule pièce sous surveillance. Mais dans mon malheur, j’ai eu la chance de pouvoir photographier tout le reste du lieu avant que la situation ne dérape.

Après avoir prouvé que je n’avais rien détérioré ni volé, les policiers me raccompagnent vers la sortie. L’un d’eux, plus détendu, me confie même qu’il comprend ma démarche artistique. Il trouve le lieu superbe et m’avoue qu’il aurait pris des photos lui aussi, s’il en avait eu l’occasion. Il me demande même le lien de ma page et me félicite pour mon travail.

Ironie du sort : c’est finalement le propriétaire qui se fait recadrer par les policiers. Ils jugent que le site, ouvert aux quatre vents et dangereux, pourrait lui causer de sérieux ennuis en cas d’accident. Et pour couronner le tout, ils tombent sur un âne dans un état lamentable sur sa propriété… Ce qui lui vaut un second rappel à l’ordre pour maltraitance animale.