Manoir de la dessinatrice
Cette maison appartenait à une femme décédée en 1989, sans enfants, et qui avait légué ses biens à ses trois nièces. Deux d’entre elles, célibataires, ont ensuite vécu dans la grande maison, dont l’une, passionnée de dessin et de peinture, est décédée en 2008. Sa sœur, déjà âgée, est restée seule dans la demeure. Moins de cinq ans plus tard, elle a été assassinée dans son lit, frappée une dizaine de fois avec un pied de biche.
L’auteur, un jeune voisin de 21 ans connu pour de nombreux délits, l’avait déjà cambriolée et savait qu’elle vivait seule. Après le meurtre, il a fouillé la maison et caché l’arme dans un étang, mais un voisin l’a vu sortir et a alerté la police. Les preuves retrouvées chez lui — pied de biche, vêtements, objets volés — ont rapidement confirmé sa culpabilité.
Il a été condamné à la réclusion à perpétuité sans circonstances atténuantes. La dernière des trois sœurs, probablement héritière, est décédée en 2022. Depuis, la maison est laissée à l’abandon, avec à l’étage les derniers dessins encore préservés. (source: Flashback.exe)
Au-delà de cette histoire familiale et tragique, la demeure possède aussi une valeur patrimoniale. Construite en 1879 par A. Defillet, cette sobre villa en briques se dresse au cœur d’un jardin clos de 30 ares. L’entrée, ornée d’une élégante grille en fer forgé, permettait autrefois d’apercevoir la maison depuis la rue. Le jardin abrite encore deux arbres remarquables visibles sur de vieilles cartes postales : un tilleul argenté et un tilleul à grandes feuilles au feuillage découpé.
Aujourd’hui, une grande partie des meubles a été démontée et entassée dans une pièce, l’étage est presque vide, hormis les magnifiques dessins laissés par les deux sœurs. Une maison figée dans le temps, imprégnée d’histoire, de beauté… et d’une profonde mélancolie.
Manoir
04.2023
Belgique
Carnet d’exploration
Pour accéder à la demeure, il fallait d’abord contourner puis franchir le haut mur de pierre qui enserre encore aujourd’hui la propriété. Une fois à l’intérieur du jardin, puis dans la maison, j’ai été immédiatement frappé par l’atmosphère du lieu. La salle à manger, d’une élégance silencieuse, abritait toujours un piano qui semblait attendre qu’on le fasse résonner à nouveau. À l’étage, le passé artistique des anciennes habitantes se révélait pleinement : dans une pièce, des piles de dessins jonchaient le sol, tandis que dans une autre, d’autres œuvres étaient soigneusement accrochées aux murs, comme si le temps s’était arrêté en plein milieu de leur inspiration.