Tchin tchin Factory
L’usine Durobor, fondée en 1928 à Soignies, a marqué l’histoire industrielle belge en devenant un leader mondial de la gobeleterie mécanique. Pionnière en Europe, l’entreprise s’est distinguée par l’invention de procédés automatisés pour la fabrication de verres à pied, exportant ses produits réputés pour leur robustesse dans plus de 80 pays. Le nom « Durobor », contraction de « Durable » et « Bord », symbolisait la qualité technique de sa production, omniprésente tant dans les foyers que dans le secteur de l’hôtellerie internationale.
Après presque un siècle de rayonnement et d’innovation, l’usine a dû faire face à une concurrence internationale accrue et à des défis économiques majeurs, menant à sa fermeture définitive en 2019. Aujourd’hui, ce site emblématique de la rue des Trois Planches est au cœur d’un vaste projet de reconversion appelé « Master Plan Durobor ». Ce programme de réhabilitation prévoit la transformation de la friche industrielle en un nouveau quartier moderne, mêlant des centaines de logements, des commerces et des espaces verts le long de la Senne, effaçant ainsi progressivement les traces de son passé verrier pour entamer un nouveau chapitre urbain au centre de la cité sonégienne.
Verrerie
07.2020
Belgique
Carnet d’exploration
Un an après sa fermeture j’ai exploré l’usine Durobor… sans le savoir.
En effet, il m’arrive fréquemment d’explorer un lieu à l’abandon sans en connaître ni l’histoire, ni la fonction première, avançant littéralement dans l’inconnu. Guidé par de simples coordonnées GPS, je me laisse parfois porter par la route au point d’en oublier la ville ou la région où je me situe. Ce fut précisément le cas pour cette usine de renommée mondiale, que j’ai découverte sans rien savoir de son passé prestigieux au moment de franchir ses portes.
Cette approche instinctive s’explique par ma philosophie de l’exploration : je pratique l’urbex avant tout pour le plaisir pur de la photographie. Pour moi, l’intérêt d’un lieu ne réside pas dans sa notoriété, mais dans son potentiel visuel. J’accorde ainsi autant d’importance à une vieille machine à écrire oubliée sur un bureau qu’à une imposante machine à fabriquer du verre. Mon regard cherche l’émotion d’un détail ou la force d’une composition, préférant la poésie de l’instant à la rigueur des faits historiques.