Maison Spielberg
Cette demeure, surnommée par beaucoup la « Maison du Cinéaste », est l’un des lieux les plus poignants que l’on puisse explorer. Elle fut la résidence et le studio de travail d’un réalisateur et scénariste belge, figure discrète mais prolifique du documentaire et du film éducatif. Décédé en 2018, cet homme a laissé derrière lui bien plus qu’une simple habitation : il a laissé un conservatoire du septième art à l’abandon.
Pénétrer dans ces lieux, c’est s’immerger dans une archive à ciel ouvert. Dans le silence des couloirs, les boîtes de pellicules 16mm et 35mm s’entassent comme les bobines d’une mémoire qui refuse de s’effacer. Entre les scénarios annotés, les bancs de montage d’une autre époque et les affiches de films jonchant le sol, on devine l’effervescence créative qui animait autrefois chaque pièce. Ancien membre de la Commission de contrôle des films, le propriétaire y conservait également d’innombrables documents administratifs, faisant de sa maison un témoin unique de l’histoire du cinéma belge.
Ce n’est pas seulement une maison délaissée, c’est un sanctuaire figé où le mot « Fin » n’a jamais été officiellement écrit sur les archives qui s’y dégradent lentement, offrant aux visiteurs un travelling immobile sur une vie dédiée à l’image.
maison
07.2020
Belgique
Carnet d’exploration
Au cœur du chaos poétique de la « Maison du Cinéaste », j’ai voulu créer une mise en scène unique, où je suis présent trois fois. Cette demeure, véritable sanctuaire d’un réalisateur belge, croule sous les pellicules 16mm, les scénarios annotés et les affiches d’époque. Ma photo capture un duel de mémoire tripartite : l’explorateur curieux analysant une bobine, son double triant des archives au sol, et le Stormtrooper impérial, gardien impassible de cet empire cinématographique désormais livré à l’oubli. C’est un mélange absurde et mélancolique où la pop culture vient réveiller la nostalgie de ce conservatoire figé depuis des décennies.
Affichez/masquez les yeux sous la photo pour voir les étapes.
