Le dôme
Perchée sur les hauteurs, cette ancienne chapelle raconte une histoire d’ambition contrariée. Au début du XXe siècle, un projet grandiose d’église moderne et de tour carrée devait transformer le quartier, mais les moyens vinrent à manquer et le chantier fut définitivement abandonné en 1950. Ce qui ne devait être qu’une structure provisoire devint finalement le lieu de culte permanent de la communauté pendant plus de soixante ans. Derrière sa façade de briques rouges, le bâtiment abrite aujourd’hui un silence pesant, vestige d’un projet dont la grandeur n’a jamais vu le jour. Désacralisé, ce sanctuaire au mobilier épuré et aux grandes baies vitrées ne résonne plus de psaumes, mais du passage discret des rares visiteurs venus capturer l’âme d’un lieu où le temporaire a fini par défier le temps.
Religieux
08.2021
Belgique
Carnet d’exploration
Situé en plein centre urbain, l’accès à ce lieu fut un véritable défi. J’ai dû guetter pendant de longues minutes l’accalmie dans le passage incessant des piétons avant d’oser m’engager. Une fois sur le terrain, la pénétration s’est faite par une fenêtre en hauteur, une ascension aussi physique que périlleuse. À l’intérieur, le bruit de la ville, tout proche, me maintenait en alerte constante. Mais la récompense était à la hauteur. Depuis une balustrade élevée, le regard plongeait sur la nef. Une voûte complexe et un magnifique dôme central à motifs concentriques dominaient l’espace. Au fond, l’autel de bois sculpté s’effaçait dans la pénombre. Ce faste architectural était violemment contrasté par un sol dégradé, tapissé de débris et d’une accumulation massive de fientes de pigeons, témoignant de l’abandon de ce sanctuaire. Ci-dessous un rare autoportrait que j’ai pu faire en exploration.