Loin des quais voyageurs et du fracas des machines, il existe des lieux de silence où l’énergie pure était autrefois domptée. Cette salle technique, vestige des infrastructures électriques ferroviaires de la SNCB, servait de centre de distribution pour le réseau.
L’alignement impeccable de ces armoires métalliques, surmontées de leurs cadrans de contrôle analogiques, raconte une époque où la gestion du courant reposait sur des systèmes robustes et manuels. Ici, pas de fioritures : chaque aiguille, chaque interrupteur avait pour mission de maintenir le flux vital qui permettait aux convois de parcourir le pays. Aujourd’hui déserté, ce sanctuaire technologique offre une perspective fascinante sur l’envers du décor du rail, là où la puissance électrique rencontrait la rigueur industrielle.
Bâtiment SNCB
06.2021
Belgique
Carnet d’exploration
Dans le silence de ce centre névralgique où l’énergie était autrefois domptée pour faire avancer les convois, j’ai voulu mettre en scène le moment où tout bascule.
Soudain, le rouge envahit les consoles. Les boutons clignotent, signalant une avarie majeure sur les rails. Pour cette exploration, j’ai choisi de me dédoubler afin d’illustrer la dualité de la crise : l’action immédiate et le désarroi qui s’ensuit.
D’un côté, je saisis le téléphone de secours pour tenter de prévenir de la situation. De l’autre, je ne peux que constater l’ampleur du désastre technique, silhouette désemparée au milieu des machines qui s’éteignent. C’est une immersion dans le stress d’un poste de commande où, malgré la puissance de l’acier et de l’électricité, l’homme reste le dernier rempart face au chaos.
Affichez/masquez les yeux sous la photo pour voir les étapes.