La ferme Z.
ferme
10.2025
BELGIQUE
Carnet d’exploration
Située à plus de deux heures de route de mon domicile, cette vaste ferme en carré se perd au cœur de la campagne belge. Aucun voisin à l’horizon, pas une maison à des centaines de mètres. Au bout d’un long chemin de terre, elle apparaît enfin, immobile et silencieuse.
Les trois ailes autrefois dédiées aux étables présentent peu d’intérêt photographique, si ce n’est un vieux tracteur figé dans le temps. Le corps de ferme, en revanche, offre un véritable voyage dans le passé.
L’accès est étonnamment simple : l’une des chambres est dépourvue de fenêtre, laissant une ouverture sur l’intérieur. La situation isolée du lieu et cette entrée évidente m’ont rapidement mis en confiance. S’ensuivent alors près de quatre heures de prise de vue, durant lesquelles je ne savais plus où poser mon regard.
Entre la salle à manger qui se dégrade lentement, les trois petites chambre, dont l’une particulièrement restée dans son jus et, de manière surprenante, une cuisine plus moderne et encore en bon état, cette exploration s’est révélée aussi riche que captivante. Les fleurs en soie, intactes sur les tables et les meubles, donnaient presque l’impression qu’une présence silencieuse veille encore sur les lieux.
En repartant, je croise un tracteur se dirigeant vers la ferme. Un simple signe de la main, puis je reprends la route, les images encore plein la tête.
Pourquoi « Ferme Z. » ?
Il arrive que certains lieux explorés héritent d’un nom lié à leur localisation : une rue, un détail du voisinage, ou simplement l’initiale de la ville où ils se trouvent. C’est ainsi que cette ferme a été baptisée « Ferme Z. », un nom discret, presque codé, qui préserve l’anonymat du lieu tout en lui donnant une identité.