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Le vieux moulin

Ce témoin de l’architecture hydraulique puise ses racines au cœur du Moyen Âge, à l’époque où le droit de mouture constituait un privilège seigneurial incontesté et un centre névralgique pour la communauté. Pendant des siècles, l’énergie du cours d’eau a dicté le rythme de ce bâtiment imposant, qui a su évoluer au gré des révolutions techniques en passant de la production de farine au broyage d’écorces pour l’industrie du cuir. Modernisé par l’installation d’une turbine au début du XXe siècle, il a maintenu une activité ininterrompue bien plus longtemps que la plupart de ses contemporains, ne cessant de fonctionner qu’à l’aube des années 2000.

S’en sont suivies deux décennies d’oubli et de silence, durant lesquelles la nature et l’humidité ont patiemment repris leurs droits sur les mécanismes figés et les hautes façades de briques. Ce long déclin a transformé le site en un sanctuaire mélancolique, figé entre la puissance de son passé industriel et la fragilité de sa structure abandonnée. Ce sommeil profond s’est toutefois achevé récemment par le rachat du site par des repreneurs privés. Ce nouveau chapitre marque le début d’un ambitieux projet de sauvetage visant à restaurer la splendeur de cette sentinelle de l’eau et à préserver son âme pour les générations futures.

Moulin

02.2019

Belgique

Carnet d’exploration

Pousser la porte de ce vieux bâtiment, c’est entrer dans un musée industriel resté « dans son jus ». J’y ai découvert un parc de machines complet, allant des anciens systèmes de mouture jusqu’à la turbine modernisée dans les années 1920. Ce matériel, miraculeusement préservé du pillage après deux décennies d’abandon, témoigne de la polyvalence de ce site qui a broyé grain, huile et écorces jusqu’au début du millénaire.